jour 18 : 14.08

Après une bonne nuit comme on les aime, on reprend la mer. Le temps est gris, on se fixe pour objectif une plage juste derrière l’île Rousse. Le ciel est chargé et  l’atmosphère est lourde. Trois heures plus tard, dans la grande baie précédant la ville, un orage se lève. On le voit arriver des terres, se déchaîner dans les montagnes qui longent la côte, dans un tonnerre rugissant. Et l’on ne peut que croiser les doigts pour qu’il ne nous atteigne pas avant que l’on rejoigne la terre. Un éclair après un autre, on compte. On ne s’est jamais senti aussi petits et vulnérables qu’à ce moment.
Un crocodile, deux crocodiles , trois crocodiles … Crac !!
Un crocodile, deux croc .. Crac !
On se retrouve en un rien de temps sous une pluie torrentielle dans un brouillard très dense, au beau milieu d’une valse d’éclairs. Le vrombissement du tonnerre est effrayant. Bientôt, on ne distingue plus la côte.

DSC_5771 Benjamin, raisonnable, est allé se réfugier sur la plage la plus proche. Valentine et Steve ne le voyant pas, ont continué leur chemin, en longeant la côté pour trouver Benj. Ils accosteront 2h plus tard, sous une pluie agressive et sous les applaudissements des résidents d’un hôtel.

Pas de kayak en vue, pas de Benj. Après ces 5h de rame plutôt éreintantes, on est frigorifiés, épuisés. On arrive à extirper le portable d’un coffre. Il est 14h30. On part vers la ville chercher de quoi manger. On parvient à joindre Benj, qui nous explique qu’il est arrêté depuis presque 2h sur une plage, à l’abri de la pluie sous son parasol. La pluie s’est calmé, il décide donc de nous rejoindre.

Notez  cet hôtel immonde qui a été construit sur le fameux caillou qui donne le nom à l’endroit. Illustration parfaite du phénomène de défiguration du paysage !

DSC_5778 Une bonne heure plus tard, Benj parvient à nous rejoindre. Le temps s’étant amélioré, le vent ayant l’air d’avoir baissé, on décide de passer quand même le caillou pour aller se poser sur la plage juste derrière, à un peu plus de 3 km, une formalité.

C’était sans compter un vent de face qui doublera une fois le rocher passé, et qui ne cessera d’augmenter. Alors que nous chantions gaiement sur un air de Renaud Séchan, on se retrouve dans une mer déchaînée, avec l’impression de reculer de 10m à chaque fois qu’on avance d’1. En cadeau, les vague de biais (les pires !) ne nous laissent pas une seconde de répit. Des promeneurs nous regardent de la côte et semblent se demander autant que nous comment tout ceci va finir.
Finalement, au prix de 2h de bataille, on atteint la plage sains et saufs. Le propriétaire du bar de la plage vient nous rappeler les règles du bivouac. Il tient à préserver les « dunes », qui servent apparemment de toilettes et dépotoirs pour toute la plage.

On expérimente les « hamacs superposés », en coiffant le tout de 2 grandes bâches pour se protéger d’éventuelles pluies nocturnes.
Un repas rapide et nous filons au lit, les 3 derniers kilomètres nous ont épuisés.

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